
A chaque “petite” rentrée, je prends des bonnes résolutions.
Cette fois-ci : me coucher plus tôt.
Il fait nuit à 18h, ça devrait donc être facile.
Rentrée – 1, Nuit.
Comme la plupart des maîkresses, je dors mal la veille d’une rentrée. Très peu dormi…
Ai-je bien tout préparé, ai-je bien mis mon réveil, ma voiture va-t-elle démarrer…?
Jour 1 : mercredi.
Un peu en jet-lag, normal. Je me coucherai tôt ce soir.
Un RV de parents d’élèves le soir, j’espère ne pas avoir été trop incohérente…
Soir 1 :
Youpi, 22h au lit, c’est fantastique.
Nuit 1 :
Chaud, gratte, gonfle… Je fais une sorte d’urticaire géant, allergie géante, enfin, un truc géant sur tout le corps, impossible de dormir, je surveille l’évolution de ma transformation…
A l’aube, j’appelle mon vieux médecin, un gros cachet, et, hop! à l’école. Ben oui, j’ai le corps transformé en escalope géante, sauf la tête.
Jour 2 : jeudi.
J’accuse un peu la fatigue. Et puis ça me gratte, me brûle de partout.
C’n'est pas grave, je dormirai mieux ce soir!
A midi, un rendez-vous de parents, je me tortille sur ma chaise, ça me gratte…
Le soir, je reste un peu à l’école pour tenir compagnie à une collègue qui doit faire des affichages (avec un escabeau pourri). Autant corriger et préparer à l’école, je ne ferai rien à la maison ce soir… chic!
19h30 : Nous sortons enfin de l’école, dans le noir… Ma collègue tombe dans les escaliers, ne peut plus marcher. Sa cheville a doublé de volume…
Chic, nous habitons en ville, je la transporte aux Urgences.
Nous en ressortirons à 00h30…
Nuit 2 :
J’arrive à 1h du matin chez moi, pas du tout prête à dormir…
Jour 3 : vendredi.
J’ai les cernes un peu présents ce matin…
Heureusement, j’ai une classe de mignons, ça devrait être relativement facile.
Et j’ai la bonne surprise de voir arriver mes “voyageurs“, vous savez, les “enfants du voyage“. Ben c’est aujourd’hui qu’ils ont décidé de voyager jusqu’à l’école…Là, ça me demande un peu plus d’énergie pour trouver quoi leur faire faire, vu le grand décalage avec les autres… j’avais bien prévu des petites choses, mais c’est bien trop difficile…
pfffff…. vivement ce soir que je me couche.
Soir 3… je me couche avec bonheur, et je me demande si je vais continuer à prendre des bonnes résolutions…

La maîkresse aime la rentrée…
Ben dis donc, je n’aurais pas dit ça il y a deux ans, où je revenais à reculons, et avec la boule au ventre…
Ce matin, c’est la petite rentrée.
Un mercredi. Toute la journée!
Dans notre académie, “on” a décidé d’échanger ce mercredi avec le vendredi 14 mai, lendemain de l’Ascension. Ce qui fera un “pont” de 5 jours sans école en mai.
“On” a décidé, aussi, d’informer les enseignants et les parents très peu de temps avant les petites vacances.
(donc je précise que les enseignants n’avaient rien demandé à “on”…)
Une maman me dit : “Houlala, ça cancane, déjà que les enseignants n’ont pas bonne réputation, en général, on se dit, encore en vacances…”.
Pffffff…
Mais elle rajoute : “Mais quand on voit comment vous travaillez, ben moi, je dis chapeau, et les vacances sont méritées.”
Merci!
N’empêche que, le principal était là, sourire aux lèvres.
Le principal, on s’en doute, ce sont les Zélèves.
Les p’tits mignons, super pressés de raconter tout ce qu’ils avaient fait pendant ces loooooongues journées sans école (11 jours sans “La Maîkresse”).
- Ben moi, j’ai un autographe de Mickey, un vrai, hein!!
- Ben moi, j’ai été au métro sous la terre à Paris. (Je rassure les fanatiques, j’ai reformulé correctement ces propos…).
-Moi, hé ben (variante de “ben moi”) j’ai bien travaillé, j’ai fait du travail tous les jours avec mamie.
- Tu m’as manquée Maîkresse! Alors, en fait, j’ai joué à la maîtresse, aussi. Avec mes peluches, et aussi mon doudou.
- Ben maman, eh ben, elle avait une robe, pour aller danser, c’est tata qui me gardait, eh ben, le chat, il a fait caca dessus, il avait même du caca sur le nez, là…
- Et ben moi, j’ai apporté une surprise pour l’école…
Yeux ronds, bouches ouvertes…
- … des pommes, c’est pour qu’on les mange. C’est pour les vitamines, pour pas être malades…
J’ai eu des petits dessins, remplis de cœurs et de soleils, de ciels bleus… (oui, on peut écrire “ciels”, j’ai vérifié)…
Bref, tout m’a vite fait oublier ma chaude couette et le temps pluvieux.
Finalement, cette année, j’aime bien les rentrées!
Et puis, l’avantage, dans ce métier, c’est que, comme on est tout le temps en vacances, il y a toujours des rentrées!

Une fois n’est pas coutume…
Je reprends ici un article publié par Jack, et j’y ajoute ma réponse.
Chez Jack:
En ce moment circule sur le net, par mail ou sur facebook une pétition où apparaît le logo de l’association SOS Education.Avant de vous engager et de signer informez vous:
(les liens sont sur le très bon site de Jack).
Ma réponse:
Gasp…je me disais bien aussi que ce nom me rappelait quelque chose. Et puis je me suis dit que c’était bête, mais que cette asso qui me demandait de signer un truc pour sauver un prof, porte le même nom (ou un nom proche) de cette même asso qui avait tant fait polémiquer sur la lecture (et j’en avais mesuré les répercussions en classe, avec les parents angoissés de mes petits CP, qui avaient la trouille que j’apprenne à lire en global dès qu’il s’agissait de revoir un mot entier…).(parce que c’est bien connu, nous, les adultes, on ne lit rien en global, on redécouvre tout, tous les jours, comme le mot “aujourd’hui” que j’adore déchiffrer avec peine…).
N’empêche que, la fatigue aidant (l’aide personnalisée qui me bouffe mon temps de repos, les nombreuses réunions avec les parents, les divers BO à lire pour me tenir informée de mes droits et obligations…), j’ai signé.
La honte!!
Voyez, monsieur ou madame SOS Education, vous pourrez vous vanter d’arriver à faire signer des profs plutôt à gauche!
Maintenant, jetez-moi des pierres!! Promis, je vais apprendre à lire… entre les lignes.
Screugneugneu, ça faisait longtemps que je n’avais pas fait un petit Post sur le Bulletin Officiel…
“Mise en œuvre dans les écoles du contrat du 25 septembre 2008 sur la reproduction par reprographie d’ouvres protégées.”
“Ouvres”, c’est certainement un mix entre “oeuvre” et “ouvrage”…
Là dedans, en résumé, ça reprend un BO qui nous indiquait que ce n’était pas bien de faire des photocopies des oeuvres protégées, qu’il fallait tout acheter, parce que l’école, on le sait, c’est plein de fric, et que les artistes, c’est pauvre.(ou alors d’arrêter d’éduquer nos élèves avec de vrais textes de la vraie vie, et de se contenter du vieux manuel pourri avec de fausses lettres, des poésies tartignolles et des extraits déjà choisis et donc payés…).
Le présent BO durcit le ton. C’est pas bien, on a fait des études (chères), on est à 54,2 photocopies d’oeuvres par élève et par an, et il faut passer à 40.
Sinon, ça va barder!
Et on doit se débrouiller pour tenir notre compta. Le contrôleur peut passer contrôler.
“Les résultats de l’étude ont conduit à revaloriser, par rapport aux précédents accords, les redevances forfaitaires dues par le ministère de l’Éducation nationale en contrepartie de la reprographie d’oeuvres protégées. Néanmoins, le C.F.C. et la S.E.A.M. ont accepté de modérer leurs exigences tarifaires à la condition que le ministère de l’Éducation nationale s’engage plus fortement dans le contrôle et la limitation de ces pratiques.”
Super!
On a aussi le droit à 100 copies à usage collectif.
Bon. Je me demande quand même comment on peut en faire plus, je ne sais pas quelles écoles ont fait partie de l’échantillon étudié…
Ce qui est sympa, c’est que la copie s’évalue en page A4. Alors, tu peux faire des toutes petites copies d’oeuvres (et flinguer les yeux de tes élèves), si tu veux en faire vraiment tout plein…
Un peu plus loin, les pourcentages.
Quand on copie, il faut faire des maths.
10% d’une oeuvre, pas plus. (livres ou musique imprimée). Musique imprimée? C’est quoi ça, les paroles?
Mmmmmhhh, ça veut dire que si je veux faire apprendre une chanson d’un artiste de moins de 70 ans (enfin, qui a écrit il y a moins de 70 ans), il faut que son album ait au moins 10 chansons imprimées… Mouais, ça va limiter si j’en veux deux du même album.
30% d’un journal. Sachant qu’un journal, c’est très grand, souvent, ça risque de me flinguer mon cota…
Rien à propos des images vidéos… et si je filme les livres? Ou si je les projette (si un jour on a notre rétroprojecteur…).
M’fin, j’attends les contrôleurs de la CFC (Centre Français d’exploitation du droit de la copie).
Mais ce qui me met en boule, c’est qu’on ne se demande jamais pourquoi on fait des photocopies d’oeuvres. On nous assimile, nous, enseignants avec un tout petit budget par élève, au citoyen lambda qui préfère piller les oeuvres par choix (préférer, par exemple, payer une place de concert et ne pas acheter, vraiment, le CD de l’artiste, ça a pu m’arriver…).
J’ai envie que mes élèves aient accès à toutes sortes de supports, mais mon école ne peut pas acheter trois milliards de bouquins, de CD…, surtout en autant d’exemplaires que d’élèves.Et puis, je ne me vois pas étudier tout dans son intégralité, alors, quel intérêt de tout posséder?(ou louer).
Allez, une petite dernière pour la route.
Il y a des choses qu’on n’a pas le droit de photocopier, pas le droit du tout.
Moi, je croyais que c’était les billets de banque.
Voici la liste (après j’arrête la reproduction du BO, j’ai du atteindre mon cota quota, je ne sais pas, j’ai la flemme de compter les mots…)
Liste des oeuvres interdites de reproduction
Les manuels d’utilisation de logiciels
Les études de marché
Les matériels d’orchestre en location
Les oeuvres de musique de concours et d’examen
Là, encore, j’ai pas tout compris…surtout les deux dernières lignes…
PS : rien n’est dit non plus sur une éventuelle décôte lorsqu’on fait de la pub pour les éditeurs, en faisant passer leurs catalogues… ou en faisant lire un album de telle maison d’editions…que l’on cite, plusieurs fois par jour.Et nos photocopies ne valent-elles pas “échantillons”? Finalement, on devrait nous payer…

que certains de ses élèves ont un langage très éloigné de celui du monde scolaire. Ou des sujets de conversation inappropriés…
Dans ma classe, régulièrement les élèves s’inscrivent pour parler d’un sujet qui leur tient à coeur. Ensuite, s’en suit un instant de questions posées par les autres élèves.
Aujourd’hui, Babar est inscrit.
“-Ben, mon frère, il est allé au parc avec moi, et pis, on est allés voir les chèvres, et pis les chèvres elles se mettent collées au grillage et pis mon frère, il a mis son doigt, là, dans la chèvre…
- Dans sa bouche? Ca mord!
- Ben non, dans ses fesses!
- Et ça puait alors?
- Il avait du caca de la chèvre sur son doigt?
Hilarité générale…
- Ben, chais pas…
- Et la chèvre, elle a dit quoi?
- Ben… rien!
- C’est ton petit frère qu’a fait ça?
- Ben non, c’est un grand, il est en CM2…”
Je vais écourter un peu…
“- Le sablier annonce la fin, dernière question…
- Mais pourquoi il a fait ça?”
Ha oui, hein, pourquoi?

les dessins des petites CP de cette année…
Trop mimi…
C’était le jour de la rentrée.
Comme c’est écrit, c’était un super travail hyper dur…Après avoir écrit laborieusement son prénom “en attaché“, il fallait se dessiner “le jour de la rentrée”. On imagine la série complétement surréaliste, avec les bonhommes patates, des jambes en fil de fer, des corps sans pied, des bouches avec 128 dents, trois cheveux raides plantés sur le dessus de la tête…
et ces deux là, une pure merveille!


certains retours de récrés…
Petites compositions plastiques spontanées.
C’est beau!
Deux petites de la classe se sont bien occupées! Me voyant prendre une photo, l’une des deux artistes en herbe me dit :
“Super, moi, j’garde l’art, et pis, à ***, tu lui donnes la photo!”.
Y’a des idées dans ces petites têtes!