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La maîkresse se souvient…(1) 8 avril 2008

Classé dans : La maîkresse se souvient, récré, réflexion pédagogique, école — maikressemarinette @ 2:59
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gotlieb

de quand elle était petite et que la maîkresse, c’était l’autre.

J’ai peu de souvenirs du temps de classe qui m’a appris des choses. Je garde en mémoire les événements négatifs (les injustices, le mal être), et les événements exceptionnels. Parfois, des faits anodins. De ce que j’en garde, je me demande bien pourquoi j’ai eu envie de devenir une maîkresse!

Je me souviens du silence qui régnait dans ma classe de CP et du (trop) grand respect que nous avions de l’adulte.

La maîkresse nous faisait faire des exercices de lecture, en arpentant les allées de la classe, son gilet sur les épaules, suivie par sa tortue et son lapin nain. Ou bien elle tricotait, assise à son bureau, placé entre nos rangées de tables et le tableau, un peu sur le côté. Ou encore, elle parlait dans le couloir avec d’autres maîkresses.

Un jour, pendant la lecture oralisée, un petit bonheur est arrivé sur ma table : une coccinelle.

Cette petite bête est venue me sortir de mon ennui profond, je l’ai observée se déplacer sur les lignes du manuel et mes doigts (pa-pa ta-pe le chat. sa-le chat!). Et je ne sais pas pourquoi, après la lecture, j’ai raconté ce petit bonheur à ma maîkresse. Et je me suis faite disputée.

Dans cette même classe, même silence, activité autre. Calligraphie dans le cahier du jour.

Grand respect de cet outil dans lequel il fallait écrire lentement avec le plus grand soin, pendant que la maîkresse discutait avec sa voisine de classe dans le couloir. Tout à coup, de larges gouttes rouges sont venues s’écraser sur mon cahier. Je saignais beaucoup du nez à cette époque, largement, et longtemps. Sauf que d’habitude, c’était chez moi. Que faire? Angoisse d’avoir sali mon cahier. Je me lève fébrile, et va voir ma maîkresse. Et comme une pauvre chose, j’attends, dans le couloir, en levant le doigt, qu’elle sorte de sa conversation. Sauf qu’une petite fille de 6 ans, ça ne prend pas trop de place. J’ai du attendre longtemps, en continuant à saigner du nez. Quand elle s’est retournée, hurlements (”quelle idiote!”) puis je me suis retrouvée traînée sous le robinet d’eau froide (de toutes façons, il n’y avait pas d’eau chaude à l’école).  Je crois bien qu’il a fallu que je nettoie les gouttes de sang répandues un peu partout (cahier, table, couloir)…

Rien à voir avec ma classe de CP actuelle.

Jamais un élève ne penserait à ne pas interrompre l’adulte qui parle. Au moindre bobo, ils couinent. Certes, parfois, il faut agir vite, mais c’est si rare! Quand un adulte passe dans la classe pour une info urgente, ils ne se taisent pas, ben non, ils parlent plus fort encore. Ils sont même capables de te demander de leur faire un lacet alors que tu ramasses le vomi d’un autre. Egocentrisme.

Les élèves ne regardent pas les lignes et les modèles d’écriture, et écrivent n’importe comment, font des petits dessins sur la couverture… et puis si une coccinelle arrive, soit ils hurlent (de peur, de joie), soit ils l’écrasent…

On est à l’opposé.

C’était mieux avant.

C’est mieux maintenant.

Où est le juste milieu?

 

10 Responses to “La maîkresse se souvient…(1)”

  1. Bab Says:

    Bouh lala c’est triste….

    Moi de l’école primaire je n’ai le souvenir que d’une petite fille (moi en l’occurrence !) qui faisait “le caméléon”… surtout qu’on ne me remarque pas !
    Je peux citer le nom de toutes mes maîtresses… qui me faisaient peur ou que j’adorais.
    Ma maîtresse de CM1 avait organisé un coin lecture avec tapis et coussins confortables……….. j’adorais y aller et pour cela je me dépêchais de finir mon travail pour aller m’y installer !
    C’est pour cela qu’aujourd’hui j’essaie de faire moi aussi un coin lecture dans ma classe !

  2. juju Says:

    moi aussi j’ai des bons souvenirs avec mes maikresses généralement… j’etais bonne élève, alors les relations n’étaient que plus faciles, et mon pere etait instit dans la meme ecole…

    j’aimais les coins lecture aussi….

  3. le psycholo Says:

    Trop triste tes mésaventures à l’école… Tout ça me fait dire que beaucoup d’adultes ne se rendent pas compte de la toute puissance qu’ils exercent sur les enfants et les conséquences que ça peu avoir sur eux. Inversement, ne pas leur poser de limites claires en font des enfants tout puissant, des petits tyrans. Mais ne serait-ce pas ces mêmes parents tyranisés par leurs aînés qui font de leurs enfants de joyeux petits monstres ???

    Je me rend compte que j’ai assez peu de souvenir à l’école avant le CM1 (j’ai changer d’école à cette époque). Je me souviens avoir prêté à mon instit de CE2 le volume n°5 de mon encyclopédie “Tout l’Univers” qu’il ne m’a jamais rendu. Je ne l’aimais pas cet instit, il me faisait peur. Je crois que globalement, ils me faisaient peur les instits. Toujours est-il que du CP au CE2 ils ne m’ont pas laissé un souvenir impérissable. Par contre, le CM1 et CM2, dans cette autre école, j’ai des tas de souvenirs géniaux. Les instits, qui étaient mari et femme, étaient d’une autre génération, et ils avaient un savoir faire avec les enfants. Parfois ils étaient sévères mais c’était toujours juste. Sur ces 2 ans passés dans cette école je pourrai raconter des tas de souvenirs et d’anecdotes. Ce sera pour une prochaine fois.
    Tiens, ça pourra te faire le thème d’une prochaine rubrique “souvenirs et anecdotes de quand on était petit à l’école”.

  4. sowenko Says:

    quand j’étais petite et que je chantais pas encore dans un micro je jouais beaucoup en récréation, je travaillais en classe pour faire comme les autres et des fois je faisais des analyses de phrases comme ça, pour le plaisir, ça fait peur quand j’y pense !!!! Un peu comme vous maîkressemarinette, parfois je ne comprenais pas les adultes et leurs réactions. Une anecdote ? un match de ballon prisonnier (vous croyez que les petits gaulois jouaient déjà au ballon prisonnier sous le gui ?) gagné grâce à un élève et moi, et portés en triomphe, la gloire le temps d’un temps, je reviendrai pour les souvenirs tristes. Et … bonnes vacances à vous !

  5. Cubi Says:

    “La maîkresse nous faisait faire des exercices de lecture, en harpentant les allées de la classe”

    Heu … arpentant sans H ça marche pas mieux ? :-)

    Sinon, c’est peut-être mieux maintenant tout compte fait !

  6. Ha ouais, j’ai du confondre avec “charpente”! Merci… Je corrige, donc…

  7. Pour ma part, j’ai passé toute mon primaire dans une école qui suivait la pédagogie Freinet, j’ai été dans l’école qu’il a fondée, et je pense vraiment que c’est ce qu’il y a de mieux gamin, je ne me serait vraiment pas vu dans une classe “traditionnelle”, enfin à vrais dire, je ne sais même comment c’est n’y ais jamais mis les pieds

  8. mam Says:

    Moi, je me souviens surtout des injustices. Et, avec le recul, je me dis que si l’école ça apprend la vie, c’est peut-être bien d’être confronté jeune au sentiment de l’injustice…
    Une des pires, au CE (1 ou 2?). A l’époque , je me régalais de la lecture de Poo Lorn l’éléphant, qui, entre autres, poussait les billes de teck dans les rivières avec sa trompe. Bref, la maîkresse avait demandé de citer des plantes commençant par”t”. J’avais dit “teck”; elle avait dit “thym?”; j’avais dit “non, teck”. Elle avait dit que ce n’était pas beau d’inventer des mots qui n’existaient pas pour faire son intéressante. J’avais insisté. Pour me retrouver au piquet toute la journée avec une étiquette “menteuse” sur le dos.
    Evidemment, je vous parle d’un temps “que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître”…Je précise que je n’en avais pas parlé à mes parents, ni osé apporter le lendemain le livre de Poo Lorn pour le lui montrer.
    C’est pourquoi, maîkresse à mon tour, quand un élève me disait un truc qui me paraissait bizarre, le réflexe c’était “Cherchons ensemble dans le dictionnaire”…

  9. sylvette Says:

    Le juste milieu, c’est pile ce que tu fais, lorsque tu fais de ton mieux…

  10. sowenko Says:

    j’aime beaucoup de que vous écrit Sylvette, je trouve qu’elle a bien raison. Je rajouterai : à chacun son juste milieu en fonction de son histoire et à tous de prendre soin des maîkres et maîkresses que nous sommes .


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