
de quand elle était petite et que la maîkresse, c’était l’autre.
Me couchant tard, j’ai longtemps été patraque le matin.
Une année, ça s’est accentué. En CE2 ou CM1… je ne sais plus.
Tous les matins, peu de temps après le début de la classe, j’avais une envie terrible de vomir.
C’était devenu systématique, tant et si bien, que le maître avait déplacé mon bureau à côté de la porte qui donnait sur la cour, pour que je puisse filer aux toilettes (dont je garde un souvenir impérissable : toilettes “à la turc”, très pratique pour vomir!!) sans demander. Après, ça allait mieux et la journée suivait son chemin…
Consultation de médecins. Essais multiples de petit-déjeuner. Avec ou sans lait. Avec ou sans fruit. Avec ou sans céréales.Avec ou sans petit-déjeuner.
Rien ne changeait.
Phobie scolaire? On n’en parlait pas à l’époque.
Peur du maître? Ben, non, j’aimais bien son crâne d’oeuf et son chien basset qui se promenait au milieu de la classe…
L’année suivante, ça allait mieux.
Maintenant que je suis adulte, j’ai enfin compris. En fait, je suis malade dans les transports en commun. Rien que le mot “bus” me file la nausée.
L’année “vomi”, j’étais dans une petite école en regroupement pédagogique avec le village d’en face, et la voiture + le bus, c’était trop!
En devenant maîkresse, je n’avais pas réalisé qu’il me faudrait prendre le bus…
Les sorties piscine sont un calvaire. Le bus est surchauffé, il y a de la buée, on n’y voit rien. Quand j’arrive à la piscine, je suis toute barbouillée et faire ma séance est parfois difficile…
Les sorties plus longues sont atroces. J’en fais un minimum… (ben quoi, on n’est pas un centre de loisirs…) Surtout quand les élèves commencent à verdir de trop de bus, de trop de bonbons…
Je compatis… moi dans le bus je reste assise et je ne bouge plus ! Surtout ne pas se retourner aux incessants “maîtreeeeeeeesse !”, surtout ne pas se lever pour celui qui est à genoux, qui saigne du nez, qui tire les cheveux, qui a coincé son blouson dans le système d’attache des ceintures… et puis prier pour qu’il n’y ait pas de malade, sinon on sera 2 !
Je reconnais que les retours piscine sont les pires, l’excitation, la moiteur, etc. Heureusement ce sont aussi les plus courts. Mais ils me gâchent le reste de l’après-midi, une fois que je suis bien barbouillée, ça ne passe pas aussi vite que c’est arrivé !