Maikressemarinette’s Weblog

Le blog de la maîkresse qui débloque!

Lundi, c’est reparti!Une rentrée de plus… 25 février 2008

Classé dans : école — maikressemarinette @ 8:34
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Il faut bien admettre l’évidence, ce matin, c’est la rentrée. Oui, dans ce métier, c’est tout le temps la rentrée… Les petites et les grandes.

Les grandes sont traditionnellement plus angoissantes et titillantes : “Comment ça va se passer? Vais-je arriver à l’heure? A quoi vont-ils ressembler? Qui va avoir le plus peur?? Et si je dis plein de gros mots sans m’en rendre compte??? (oui, dans la vraie vie la maîkresse dit “merde, putain ” et “fait chier”).

Un vrai délice.

Les petites rentrées sont moins exaltantes. On sait déjà. Et là, je sais trop bien ce qui m’attend. Mais super positive, j’ai toujours l’espoir qu’un peu de temps, de maturité, de sérénité seront passés par là, sur leur chères têtes brunes, et surtout dans leur put*** de cervelle molle!

*** 

J’ai retrouvé mes deux douzaines d’huîtres telles que je les avais quittées.

Un bouillon de bras et de jambes en tous sens, de couinements, de coups divers, de chaises qui tombent, de chaussures qui volent…

Liste des bobos et tracasseries des CP :

- une lèvre comme siliconnée, résultat d’un coup de poing dans les dents;

- un cou tout rouge, étranglement raté;

- un bel oeil bleu, cocard. Une chaussure malencontreusement lancée!

- une ardoise à feutre blanc (celle de Valentin) toute grattée par un objet pointu;

- un cahier d’écriture gribouillé (déjà pas beau, celui de Cling Cling);

- une gomme neuve coupée en deux et jetée dans le couloir…(celle d’E***, pauv’ petite poupoute molle).

- 1236 plaintes diverses et variées. Le top : “Maisssss, heu, maîkresse!!!!”

- 4568990 larmes de crocodiles.

Compteur personnel:

- 986543224566 chutttttt

- 876544333 “Va t’asseoir à ta place, s’il te plaît”.

- 4567899 “Zébulon, arrête immédiatement (de parler en même temps que moi/de tirer les cheveux de ta voisine/de te lever pour me piquer mes craies/de chanter pendant que ton camarade parle/de couper ton cahier/de piquer ton voisin avec ton crayon…)

- 0 baffe, façon Bayrou (”Tu ne me fais pas les poches!”)

- 0 répartie présidentielle (”Casse-toi connard”)

- 0 réplique Urgentesque (”(on) dégage!”)

Travail du jour, quasi nul. J’ai quand même expliqué que un panda, ce n’est pas toujours une voiture, et que si Zébulon te promet de te “défoncer la gueule”, ça n’a rien à voir avec la couleur de ton visage qu’il veut éclaircir…

Bref, une journée comme les autres cette année, sauf qu’aucun parent ne m’a agressée au portail!

Y’a du progrès!

 

Le jeudi, c’est folie!(bis) 7 février 2008

Classé dans : école — maikressemarinette @ 9:26
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Acte 2

Zébulon, comme à son habitude, a fait du grand Zébulon toute la journée. Petit florilège :

*coups divers dirigés vers n’importe quel élève, n’importe quand, le tout avec un grand sourire et des petits bruits divers, issus de dessins animés.

Charmant.

*chaise non usée; il n’arrive pas à s’asseoir plus de quelques secondes.

Economique.

*Zébulon monopolise la parole, non-stop. Donc, il parle tout le temps, pour répondre à la place des autres, correctement ou non. Ce qui fait couiner les autres… “Maiiiiiiis, heu, Maîkreeeeeeesse!! Y m’énerve!!!!!!!”. Zébulon fait des commentaires sur la vie de la classe. “J’ai pas envie, chais pas faire, t’es moche, y’a machin qui m’regarde, y’a bidule qui joue, ma mère, elle dit que t’es une conne, elle t’aime pas Maîkresse…”.

Parolier?

* Zébulon monopolise l’espace sonore, non-stop. Il est très doué pour enchaîner les actions bruyantes, les sons divers en provenance de sa bouche, toujours souriante. Tel le partenaire d’Antoine de Caunes, José Garcia, dans un numéro dont j’ai oublié le titre, où José Garcia, avec une belle perruque et une grosse poitrine,  enchaînait les pauses, façon mannequin…(merci de me laisser un commentaire que j’améliore ce passage). Tapotements sur la table, contre le mur, lancers de crayons sur le tableau, sur les autres, râclement de gorge, chants divers (”Tu pues du cuuuuuuuuuuuul”, ou, plus actuel, “Parle à ma maiiiiiiiiiiiiiiiiin!”), lalalalalala, rires sonores proches de l’hystérie…

Bruyant.

* Zébulon m’agresse directement, faire chier les camarades n’est pas assez rigolo. Le réseau d’aide me dit que ce n’est pas dirigé contre moi, certes, n’empêche que c’est moi qui bouffe. Ce jour-là : “ma mère, elle t’aime pas, ell’ dit que t’es conne”. “Ha oui, oh, elle devait être très très en colère ce jour-là!” (avec ma voix de clown souriant, et mon bide qui explose…). Jets de mains vers mon visage, sans jamais l’atteindre, sonorisés : “touh, touh, fibro-laser!! Touh, touh, t’es morteeeeeee”. (Ne me demandez pas ce que c’est que le fibrolaser…) Et, le tout, entrecoupé de “paaaaaan, paannn”, visée par l’arme de guerre de Zébulon (sa main droite en pistolet, sa main gauche en appui de poignet, son oeil gauche fermé, son oeil droit en viseur). Il m’a eue plusieurs fois. Très doué.

Insupportable.

Bref, j’en oublie, c’est normal, c’est très dense. Et ça fait du bien d’oublier.

16h44, contente de moi de ne pas l’avoir passé à la moulinette pour en faire du hachi pour tous mes voisins.

16h45, je descends ma troupe survoltée à la grille de l’école.

16h46,les parents de Zébulon me sautent dessus. La mère surtout. Cris, doigts menaçants. En résumé : je ne suis pas une vraie maîtresse, je ne fais pas mon métier, je ne m’occupe pas de Zébulon, je passe mon temps à leur mettre des mots dans le cahier de liaison(qu’ils ne signent pas), et c’est tout ce que je sais faire, eux, ils font leur boulot de parents (oui, bien sûr).

Les réunions d’équipe éducative auxquelles ils sont convoqués pour le bien-être de leur Zébulon, ne sont pas honorées de leur présence, sans aucune excuse.

Je saute sur l’occasion pour leur conseiller de changer Zébulon d’école (oui, je sais, ça ne se fait pas de vendre ses élèves), ainsi, il sera dans une vraie école, avec une vraie maîtresse..

La réponse de maman Zébulon?? “haha!! mais on va pas vous en débarrasser comme ça, on va vous faire chier jusqu’au bout.”

OK, là, tout est dit. “Je ne souhaite plus vous parler.” Et je tourne les talons.

16h58, mal au ventre, tremblements.

17h15, une larme de lait dans mon thé, une larme de moi sur ma joue.

17h20, une tablette de chocolat.

18h-19h, une heure de salle de sport.

19h30-20h30, une heure de jogging dans les rues sombres, Mademoiselle K à fond dans les oreilles.

Retrouver l’énergie d’y retourner demain.

 

Le jeudi, c’est folie! 7 février 2008

Classé dans : école — maikressemarinette @ 8:22
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Folie en deux actes.

Le matin, depuis que je suis dans cette école, je chronomètre minutieusement mon parcours pour arriver pile poil… Dès que je mets un pied, un orteil, un cheveu dans la cour, je risque l’agression. Je ne suis pas douée pour les mondanités hypocrites matinales, j’ai du mal à gérer l’agressivité de ces familles en détresse qui ne savent que mordre et crier..

Acte 1:

Je gare ma petite auto, je traverse la cour, feignant de ne pas voir le papa de ClingCling qui me fonce droit dessus, je rentre dans le bâtiment pour aller dans ma classe. Tout y est prêt, je prépare tout avant de partir le soir, ne sachant jamais comment vont être les terribles 10 minutes, laps de temps critique où la grille de l’école s’ouvre à la folie, et où ça n’a pas encore sonné…

Je trifouille dans mon panier, je souffle en me concentrant sur mon nombril, je respire et j’entends le gros papa essoufflé, rouspétant, dans le couloir. J’ai de l’avance, je suis un peu sportive, je sais courir dans les escaliers, et lui, c’est un gros patapouf.ClingCling, il n’a rien dans la tête, quand il la secoue, ça fait Cling Cling. Il mange un crayon en bois par jour et ne comprend pas les consignes de base. Dessus, dessous, entoure, relie, 2+2… tout ça, c’est du charabia pour lui.

Un être cher m’appelle sur le portable, il sait que dans 5 minutes je rentre dans l’arène de ma classe et que j’ai besoin de soutien…

Papa patapouf ClingCling déboule, sans frapper, sans se demander s’il dérange, s’il peut, si ça se fait…

Kes’keuuuuu cé ssss’taffaire!! Mon gamin, y sait pas lire, y sait pas compter!! Kessssss que vous feusez dans sssss t’eu classe! ça va pas du tout, moi j’y ai dit à ma femme eu-sss’matin, kekssss qui font dans s’teu classe!!, c’est quoi c’bordel…..”

Bonjour (je coupe toujours les familles qui déboulent par cette célèbre réplique!), je suis occupée, vous voyez, je suis au téléphone…”

Et l’autre, rien à foutre, rien à battre, continue de blablater, dans un français très approximatif, truffé de vulgarité.

Je respire, glisse un mot à mon téléphone “un instant, il y a un père d’élève dans ma classe“.

Là, je vous fais grâce du vomi langagier qui se déverse dans mes oreilles, tout plein de soupirs, de “halala“.

Nous ferons des évaluations dès la rentrée pour les CP (nous sommes en vacances demain soir), et un bilan des acquis sera fait pour votre enfant ClingCling à ce moment là et nous prendrons un rendez-vous. Maintenant, merci de me laisser, je suis occupée, j’ai peu de temps et ça va sonner. je suis au téléphone, merci, monsieur Patapouf.”

Le tout en poussant Patapouf vers la sortie de ma classe. Le gros monsieur ne décollant pas d’une semelle et continuant de déverser son mécontentement, je quitte la classe (histoire de terminer ma conversation) tout en lui rappelant qu’il a eu le livret de son gamin et des tas de mots sur le cahier de liaison, qu’il est curieux, ce matin, de, tout d’un coup s’énerver et vouloir que son gamin apprenne, là, aujourd’hui en 5 minutes, tout ce qu’il n’a pas intégré en 6 ans de scolarité…

Cling Cling est un élève avec un PPRE (un gros mot que seuls les initiés connaissent), et nous avons déjà eu tout un tas de réunions avec la famille, inutiles. La conclusion, à chaque fois, c’est que si Cling Cling ne comprend pas, je dois lui tirer les cheveux, sur les tempes. Et qu’il a le droit de taper les autres dans la cour. Je ne sais pas pourquoi, je n’adhère pas vraiment…

Enfin cachée dans un coin d’une autre classe, je termine  ma conversation téléphonique et j’entends le gong, celui qui annonce mon combat de 3 heures face à ma classe.

Je descends pour récupérer ma troupe déjà trempée de sueur (trempées : moi et ma troupe),se roulant déjà par terre, ayant semé les blousons, troué les pantalons, mis des coups de pied…Papa Patapouf est encore là, s’agitant et espérant trouver une oreille compatissante auprès de mes collègues…

Allez, zouh les CP, en rang, on y va!!!!!!”.

Dans la matinée, la mère de Cling Cling fait exploser le téléphone, il faut absolument que je la rappelle, elle est sans dessus dessous parce que j’ai annoncé au papa que son gamin ne savait pas lire… ha, c’est comme ça qu’on écrit l’histoire?

Oui,ben, on n’est pas aux pièces, j’écris un mot, redisant la même chose que ce matin, dans le cahier de liaison. Moi, en classe, je fais classe, et en récré, je souffle deux secondes si je ne surveille pas, je ne passe pas mon temps au téléphone…

Fin du premier acte.

Intermède : journée très dure, avec Gniaffron en vrac (3000 coups de pied à son actif, 346777 “Maisssssss heuuuuuuuuuuu!!!!” dans les aigus, Zozo au top (comédie de bébé, hurlant et braillant dès que je lui demande de se tenir correctement ; il a passé la journée à se balancer sur sa chaise, à tomber, à jouer avec tout ce qu’il trouve), Zébulon à son maximum (pan, pan, il me vise façon fusil, pan pan, t’es morte maîtresse, haha….); passe sa journée à donner des coups de poings sur les petites mimites, déchire le travail des autres, nage la brasse sur le lino de la classe…., Vavourt , digne de lui, ressemble à un bébé de 2 ans, mange son pull, ses gants et hurle de rire toute la journée. Au moins, lui, il est heureux. J’allais oublier ClingCling, toujours vide, (sauf un crayon de plus dans l’estomac), qui se taille consciencieusement l’auriculaire avec son taille-crayon, met du sang partout, déchire malencontreusement son fichier de maths, me demande “c’est quoi …” et répète toutes mes consignes. Et n’écoute pas les réponses. Et redit chaque consigne ainsi, lorsque je lui demande de les expliquer aux camarades “y fo faire le kkkravail, y fo mette les krucs là, le kravail“, quelque soit le travail à accomplir…

Les autres, peinent, rouspètent (on veut travailler!!! arrête Zébulon!!!!), ou se dispersent, pour les plus fragiles, c’est très tentant tout ce bordel délirant…

Acte 2

à venir… à repenser à tout ça, je suis à plat…