La maîkresse n’aime pas… 20 avril 2008
les veilles de rentrée.
Elle trouve toujours que les vacances sont trop courtes (mais elle ne le dit pas aux non-enseignants), qu’elle a encore mille choses à faire.
Elle n’a pas sommeil parce qu’elle est toute décalée.
Elle va rêver d’école si elle s’endort. Du coup, au réveil, elle aura déjà travaillé toute la nuit!
Elle angoisse parce qu’elle va passer toute sa journée, ou presque, enfermée dans une toute petite classe, alors, que dans la vraie vie, elle est tout le temps dehors, à scruter les nuages.
Et puis 24 CP, ça ne sent pas toujours très bon.
Elle a sa petite boule au ventre, (phobie scolaire, c’est possible pour une maîkresse?) parce que dans cette école, il y a toujours des surprises, et elles sont rarement bonnes.
Elle s’inquiète parce qu’elle redoute le bruit… même si elle passe des soirées en concert. Au moins, là-bas, en concert, c’est un bruit qu’elle aime, sur lequel elle peut chanter, et puis, elle a toujours ses bouchons d’oreilles. Si elle met ses bouchons en classe, ça va se voir…
Alors, pour lutter contre l’envie quasi irréprésible de ne pas y aller demain, la maîkresse va à l’école la veille de la rentrée, préparer toutes ses affaires et se réapproprier les lieux.
Homéopathiquement.
Lundi, c’est reparti!Une rentrée de plus… 25 février 2008
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Il faut bien admettre l’évidence, ce matin, c’est la rentrée. Oui, dans ce métier, c’est tout le temps la rentrée… Les petites et les grandes.
Les grandes sont traditionnellement plus angoissantes et titillantes : “Comment ça va se passer? Vais-je arriver à l’heure? A quoi vont-ils ressembler? Qui va avoir le plus peur?? Et si je dis plein de gros mots sans m’en rendre compte??? (oui, dans la vraie vie la maîkresse dit “merde, putain ” et “fait chier”).
Un vrai délice.
Les petites rentrées sont moins exaltantes. On sait déjà. Et là, je sais trop bien ce qui m’attend. Mais super positive, j’ai toujours l’espoir qu’un peu de temps, de maturité, de sérénité seront passés par là, sur leur chères têtes brunes, et surtout dans leur put*** de cervelle molle!
***
J’ai retrouvé mes deux douzaines d’huîtres telles que je les avais quittées.
Un bouillon de bras et de jambes en tous sens, de couinements, de coups divers, de chaises qui tombent, de chaussures qui volent…
Liste des bobos et tracasseries des CP :
- une lèvre comme siliconnée, résultat d’un coup de poing dans les dents;
- un cou tout rouge, étranglement raté;
- un bel oeil bleu, cocard. Une chaussure malencontreusement lancée!
- une ardoise à feutre blanc (celle de Valentin) toute grattée par un objet pointu;
- un cahier d’écriture gribouillé (déjà pas beau, celui de Cling Cling);
- une gomme neuve coupée en deux et jetée dans le couloir…(celle d’E***, pauv’ petite poupoute molle).
- 1236 plaintes diverses et variées. Le top : “Maisssss, heu, maîkresse!!!!”
- 4568990 larmes de crocodiles.
Compteur personnel:
- 986543224566 chutttttt
- 876544333 “Va t’asseoir à ta place, s’il te plaît”.
- 4567899 “Zébulon, arrête immédiatement (de parler en même temps que moi/de tirer les cheveux de ta voisine/de te lever pour me piquer mes craies/de chanter pendant que ton camarade parle/de couper ton cahier/de piquer ton voisin avec ton crayon…)
- 0 baffe, façon Bayrou (”Tu ne me fais pas les poches!”)
- 0 répartie présidentielle (”Casse-toi connard”)
- 0 réplique Urgentesque (”(on) dégage!”)
Travail du jour, quasi nul. J’ai quand même expliqué que un panda, ce n’est pas toujours une voiture, et que si Zébulon te promet de te “défoncer la gueule”, ça n’a rien à voir avec la couleur de ton visage qu’il veut éclaircir…
Bref, une journée comme les autres cette année, sauf qu’aucun parent ne m’a agressée au portail!
Y’a du progrès!
Mercredi, je prends mon pied… 20 février 2008
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(pardon!), et je l’examine.
Une petite trace violette sur le dessus. Souvenir de la rentrée de cette année scolaire, quand un de mes élèves, Zozo, a roulé son sac à roulettes (usage normal, pour une fois), sans se préoccuper de savoir s’il y avait un obstacle.
Bonne entrée en matière. J’aurais du me méfier et partir en courant!
Je me souviens de l’avoir arrêté par l’épaule, lui montrant mon pied éraflé, puis bientôt saignant. Et comme un bon élève qui se respecte, ici, il avait hurlé “Maissssssssssss, heuuuuuuuuuuuuu, c’est pas d’ma fautttttttttttttttteeeeeeeeeeeeeeeeuh!”, tout en secouant son épaule pour se dégager de cette main entravante.
Ben voyons. Pauvres victimes. Le monde entier est ligué contre eux, même les objets.
“C’est pas d’la mienne non plus, espèce de petit trou du c’***!” , que j’lui avais rétorqué.
Heu, non, que j’avais rêvé de lui balancer en pleine figure.
“Et bien, il va falloir apprendre à ton sac à regarder devant lui et à s’excuser auprès des grandes personnes lorsqu’il leur roule dessus, alors.“
Le tout, en lui écrasant le pied.
Non, en fait, en rêvant de lui écraser le pied…, de lui mordre l’oreille et de lui rouler dessus avec 15 sacs à la fois…
6 mois ont passé, mon pied garde la trace de cette rentrée.
On peut dire que c’est une année qui m’aura marquée!

