Maikressemarinette’s Weblog

Le blog de la maîkresse qui débloque!

Le mot du jour : mars… 4 mars 2008

Classé dans : mot du jour, école — maikressemarinette @ 10:26
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Aujourd’hui… mars

J’adore lancer le temps du “mot du jour”, observer les regards vides ou vifs, en réaction au mot lu ou écrit…

J’adore interroger les plus “en difficultés”. Pas par cruauté parce qu’ils se fichent pas mal de se planter dans la définition. J’aime entendre leur interprétation du mot (c’est bon pour le blog!!), et j’aime l’idée de les faire évoluer un peu…

J’ai un peu halluciné lorsque j’ai lu le mot “MARS”.

Maîkresse : alors, Cling Cling, “mars”, c’est quoi?…

Cling Cling : heu… pouh….

Maîkresse : tu as déjà entendu ce mot, non?

Cling Cling : ben non!

Houlala, on vient juste de passer 20 minutes à observer le nouveau calendrier du mois de mars (un spécial que je fabrique avec les évènements de la classe, dont l’anniversaire de Cling Cling qui est au mois de mars…)

Maîkresse (ignorant Kador qui couinne tellement il veut répondre) : Vavourt?? Tu nous expliques ce que c’est “mars”? Hum?? Mars, c’est ….

Vavourt : chais pas.

Zozo : moi, moi, je sais… c’est un jour de la semaine!!

Maîkresse : ha…alors, on a lundi, mars, mardi, mercredi….?

Là, j’interromps le supplice et je laisse répondre les plus vifs d’esprit :

Machinette : c’est un truc qu’on mange, une glace!

Kador : oui, même que maman elle m’a dit qu’autrefois, à l’époque, eh ben, c’était pas en glace, c’était juste comme un chocolat…

Houlala, mais les dinosaures avaient des caries alors!

Fortiche : oui, et c’est une planète.

Ha, c’est bien, finalement…

Un mars, et ça repart…

 

Mercredi, je prends mon pied… 20 février 2008

Classé dans : école — maikressemarinette @ 10:49
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(pardon!), et je l’examine.

Une petite trace violette sur le dessus. Souvenir de la rentrée de cette année scolaire, quand un de mes élèves, Zozo, a roulé son sac à roulettes (usage normal, pour une fois), sans se préoccuper de savoir s’il y avait un obstacle.

Bonne entrée en matière. J’aurais du me méfier et partir en courant!

Je me souviens de l’avoir arrêté par l’épaule, lui montrant mon pied éraflé, puis bientôt saignant. Et comme un bon élève qui se respecte, ici, il avait hurlé “Maissssssssssss, heuuuuuuuuuuuuu, c’est pas d’ma fautttttttttttttttteeeeeeeeeeeeeeeeuh!”, tout en secouant son épaule pour se dégager de cette main entravante.

Ben voyons. Pauvres victimes. Le monde entier est ligué contre eux, même les objets.

 C’est pas d’la mienne non plus, espèce de petit trou du c’***!” , que j’lui avais rétorqué.

Heu, non, que j’avais rêvé de lui balancer en pleine figure.

Et bien, il va falloir apprendre à ton sac à regarder devant lui et à s’excuser auprès des grandes personnes lorsqu’il leur roule dessus, alors.

Le tout, en lui écrasant le pied.

Non, en fait, en rêvant de lui écraser le pied…, de lui mordre l’oreille et de lui rouler dessus avec 15 sacs à la fois…

6 mois ont passé, mon pied garde la trace de cette rentrée.

On peut dire que c’est une année qui m’aura marquée!

 

Le jeudi, c’est folie! 7 février 2008

Classé dans : école — maikressemarinette @ 8:22
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Folie en deux actes.

Le matin, depuis que je suis dans cette école, je chronomètre minutieusement mon parcours pour arriver pile poil… Dès que je mets un pied, un orteil, un cheveu dans la cour, je risque l’agression. Je ne suis pas douée pour les mondanités hypocrites matinales, j’ai du mal à gérer l’agressivité de ces familles en détresse qui ne savent que mordre et crier..

Acte 1:

Je gare ma petite auto, je traverse la cour, feignant de ne pas voir le papa de ClingCling qui me fonce droit dessus, je rentre dans le bâtiment pour aller dans ma classe. Tout y est prêt, je prépare tout avant de partir le soir, ne sachant jamais comment vont être les terribles 10 minutes, laps de temps critique où la grille de l’école s’ouvre à la folie, et où ça n’a pas encore sonné…

Je trifouille dans mon panier, je souffle en me concentrant sur mon nombril, je respire et j’entends le gros papa essoufflé, rouspétant, dans le couloir. J’ai de l’avance, je suis un peu sportive, je sais courir dans les escaliers, et lui, c’est un gros patapouf.ClingCling, il n’a rien dans la tête, quand il la secoue, ça fait Cling Cling. Il mange un crayon en bois par jour et ne comprend pas les consignes de base. Dessus, dessous, entoure, relie, 2+2… tout ça, c’est du charabia pour lui.

Un être cher m’appelle sur le portable, il sait que dans 5 minutes je rentre dans l’arène de ma classe et que j’ai besoin de soutien…

Papa patapouf ClingCling déboule, sans frapper, sans se demander s’il dérange, s’il peut, si ça se fait…

Kes’keuuuuu cé ssss’taffaire!! Mon gamin, y sait pas lire, y sait pas compter!! Kessssss que vous feusez dans sssss t’eu classe! ça va pas du tout, moi j’y ai dit à ma femme eu-sss’matin, kekssss qui font dans s’teu classe!!, c’est quoi c’bordel…..”

Bonjour (je coupe toujours les familles qui déboulent par cette célèbre réplique!), je suis occupée, vous voyez, je suis au téléphone…”

Et l’autre, rien à foutre, rien à battre, continue de blablater, dans un français très approximatif, truffé de vulgarité.

Je respire, glisse un mot à mon téléphone “un instant, il y a un père d’élève dans ma classe“.

Là, je vous fais grâce du vomi langagier qui se déverse dans mes oreilles, tout plein de soupirs, de “halala“.

Nous ferons des évaluations dès la rentrée pour les CP (nous sommes en vacances demain soir), et un bilan des acquis sera fait pour votre enfant ClingCling à ce moment là et nous prendrons un rendez-vous. Maintenant, merci de me laisser, je suis occupée, j’ai peu de temps et ça va sonner. je suis au téléphone, merci, monsieur Patapouf.”

Le tout en poussant Patapouf vers la sortie de ma classe. Le gros monsieur ne décollant pas d’une semelle et continuant de déverser son mécontentement, je quitte la classe (histoire de terminer ma conversation) tout en lui rappelant qu’il a eu le livret de son gamin et des tas de mots sur le cahier de liaison, qu’il est curieux, ce matin, de, tout d’un coup s’énerver et vouloir que son gamin apprenne, là, aujourd’hui en 5 minutes, tout ce qu’il n’a pas intégré en 6 ans de scolarité…

Cling Cling est un élève avec un PPRE (un gros mot que seuls les initiés connaissent), et nous avons déjà eu tout un tas de réunions avec la famille, inutiles. La conclusion, à chaque fois, c’est que si Cling Cling ne comprend pas, je dois lui tirer les cheveux, sur les tempes. Et qu’il a le droit de taper les autres dans la cour. Je ne sais pas pourquoi, je n’adhère pas vraiment…

Enfin cachée dans un coin d’une autre classe, je termine  ma conversation téléphonique et j’entends le gong, celui qui annonce mon combat de 3 heures face à ma classe.

Je descends pour récupérer ma troupe déjà trempée de sueur (trempées : moi et ma troupe),se roulant déjà par terre, ayant semé les blousons, troué les pantalons, mis des coups de pied…Papa Patapouf est encore là, s’agitant et espérant trouver une oreille compatissante auprès de mes collègues…

Allez, zouh les CP, en rang, on y va!!!!!!”.

Dans la matinée, la mère de Cling Cling fait exploser le téléphone, il faut absolument que je la rappelle, elle est sans dessus dessous parce que j’ai annoncé au papa que son gamin ne savait pas lire… ha, c’est comme ça qu’on écrit l’histoire?

Oui,ben, on n’est pas aux pièces, j’écris un mot, redisant la même chose que ce matin, dans le cahier de liaison. Moi, en classe, je fais classe, et en récré, je souffle deux secondes si je ne surveille pas, je ne passe pas mon temps au téléphone…

Fin du premier acte.

Intermède : journée très dure, avec Gniaffron en vrac (3000 coups de pied à son actif, 346777 “Maisssssss heuuuuuuuuuuu!!!!” dans les aigus, Zozo au top (comédie de bébé, hurlant et braillant dès que je lui demande de se tenir correctement ; il a passé la journée à se balancer sur sa chaise, à tomber, à jouer avec tout ce qu’il trouve), Zébulon à son maximum (pan, pan, il me vise façon fusil, pan pan, t’es morte maîtresse, haha….); passe sa journée à donner des coups de poings sur les petites mimites, déchire le travail des autres, nage la brasse sur le lino de la classe…., Vavourt , digne de lui, ressemble à un bébé de 2 ans, mange son pull, ses gants et hurle de rire toute la journée. Au moins, lui, il est heureux. J’allais oublier ClingCling, toujours vide, (sauf un crayon de plus dans l’estomac), qui se taille consciencieusement l’auriculaire avec son taille-crayon, met du sang partout, déchire malencontreusement son fichier de maths, me demande “c’est quoi …” et répète toutes mes consignes. Et n’écoute pas les réponses. Et redit chaque consigne ainsi, lorsque je lui demande de les expliquer aux camarades “y fo faire le kkkravail, y fo mette les krucs là, le kravail“, quelque soit le travail à accomplir…

Les autres, peinent, rouspètent (on veut travailler!!! arrête Zébulon!!!!), ou se dispersent, pour les plus fragiles, c’est très tentant tout ce bordel délirant…

Acte 2

à venir… à repenser à tout ça, je suis à plat…